Symphonie pour 2 tambours à Edimbourg

                   

 

Bonjour, je m’appelle « Tambour à Polo » et par la faute d’une belle bande d’Abrutis, j’ai dû partir pour l’Ecosse sans tambour ni trompette (Sauf que là, c’était seulement sans trompette car j’étais avec mon ami Petit Tambour ! ).

Hé oui, personne n’aurait parié un centime de livre sterling sur la participation à cette finale européenne, et notre Responsable des déplacements a dû batailler de haute Luth et analyser toute une batterie de données pour organiser ce fabuleux déplacement. Mais nous avions tous confiance car c’était dans ses cordes.    

Nous y allions un peu tendu comme une peau de tambour (Bien sûr !) car nous avions perdu les 4 premières.

Nous avons pris l’avion avec Madame la Présidente, un jour avant le gros de la troupe des titis de l’Ovalie, mais j’ai vite appris leurs aventures car mes Maîtres-Frappeurs en ont parlé devant nous.

Effectivement, autant notre vol aller fut (De tambour ?) cool autant le voyage du second avion fut mouvementé. Non seulement, il a décollé avec une heure de retard, ce qui entraina les vicissitudes hôtelières à venir, mais un supporter Clermontois fort gentil mais aussi fort bruyant a déclenché l’ire du steward du jour. De fil en aiguille, de cris en gueulantes, ledit Clermontois fut menacé de descente d’avion, voire de mise au violon !!!

Heureusement, dans un élan de lucidité totale, ses amis jaunards lui ont conseillé de débrancher les enceintes, de baisser les basses et de ne parler que « a capella » et pianissimo.

Arrivé à Glasgow (Hé oui, il n’y avait plus d’avions pour Edimbourg !), j’ai aussi compris que le loueur de voiture n’était finalement pas à l’aéroport mais bien quelques miles (Davis ?) plus loin. Il fallut donc partir chercher les 3 voitures à bord de la navette.

Et bien sûr, il n’y avait que 2 personnes au comptoir et beaucoup plus en face…quelques longues minutes plus tard…environ 60…volants en main, nos 3 chauffeurs récupérèrent la vingtaine de supporters roses à l’aéroport.

De retard d’avion en atermoiement de voitures, le temps imparti s’écoulait et nous rapprochait d’une arrivée tardive à Edimbourg. Heureusement, la circulation était fluide et pas en accordéon.

Mes amis supporters avaient prévus de déposer rapidement leur bagage à l’hôtel, mais le mot « rapidement » perdit de son sens quand l’hôtelière leur annonça que 6 chambres sur 12 ont été annulées car ils étaient en retard sur l’heure d’arrivée…Flûte alors, tout ceci était bien mal engagé et merci, avions et voitures, de les avoir fait arriver Cithare !

Le temps de claironner la situation à tout le monde, de partitionner à nouveau l’arrangement par chambres, de trouver qui dormirait par terre ou dans les fauteuils, ils partirent enfin pour le point d’orgue de la soirée : Le match à Murrayfield.

Les quelques dizaines de miles (toujours pas Davis) furent avalés en 1 heure et le Stade mythique et mystique leur apparut enfin.

Mon ami Petit Tambour et moi étions déjà en tribune, et nous vîmes arrivés la troupe parisienne dont les femmes avaient toutes les cheveux roses.

Quelques notes de cornemuses et le match démarra piano pour les Stadistes et fortissimo pour nos peaux.

Nous sentions bien la tension des frappeurs et des chanteurs quand à 0-10, les Gloucesterriens pensaient donner un récital en Do majeur. Les supporters, bien que criants et hurlants, n’en menaient pas large. Je dirais même que leurs genoux jouaient des castagnettes. Les joueurs Parisiens eurent beau essayer de faire du jeu, ce fut comme piss… dans une mandoline.

Tous espéraient alors que la fatalité des déboires européens sorte enfin de leur cor (oupssss ! 😊 )

Puis, soudain, je sentis que les coups sur mon dos se firent plus forts et plus enthousiastes… Entre 2 frappes, je glissai un œil sur le score et je vis qu’il passa rapidement à 10-10, puis 25-10…pour finalement terminé sur un 25-17 pour lequel tous auraient signé en début de rencontre. Et ce fut bientôt et pour longtemps un concert de cris et d’applaudissements.

La fête finale fut belle, la coupe fut pleine et les voix pas encore en peine. Les Joueurs se mirent au diapason des chants roses et vinrent faire la fête avec eux.

Puis, nos amis nous emmenèrent à la sortie des joueurs et continuèrent à taper sur moi en mesure de toute une batterie de chants joyeux.

Hélas, ce fut (encore de tambour ?) l’heure du retour pour certains et d’un dernier coup de Pub pour d’autres.

La nuit fut (encore ?) courte pour tout un chacun et l’heure du retour sonna rapidement au clocher de nos réveils.

En route pour l’aéroport pour refaire les tribulations inverses car le loueur de voiture était toujours aussi long, auquel fut (toujours de tambour ?) ajouté quelques erreurs de Gps et quelques recherches de station essence.

Mais le plus important était toujours d’actualité : La Coupe est et restera Rose pour 1 an.

Il n’arriva aucune autre aventure à mes amis supporters…sauf à nous, pauvres tambours.   

En effet, l’hôtesse écossaise aussi mignonne qu’antipathique nous fit tout un cinéma parce que nous étions mal filmés…un petit passage à la machine enrobante et ce fut la fin d’un scénario bien ficelé.

Et malgré les bleus que j’ai sur la peau, il me vient encore un chant qui résonne dans ma grosse caisse : « Champion d’Europe ! Champion d’Europe ! Champion, champion, champion d’Europe ! » 

 

Propos de Tambour à Polo et Petit Tambour confiés à Pascal Thorgal. 

 

 

 

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